L’Afrique observe. Elle observe en silence, pendant que, dans l’une de ses puissances économiques majeures, des Africains sont humiliés, exclus, parfois agressés – non pas par des forces étrangères, mais par leurs propres frères.Ce qui se déroule aujourd’hui en Afrique du Sud n’est ni un fait isolé, ni une dérive ponctuelle. C’est la répétition d’un phénomène enraciné, documenté, et désormais assumé dans certains espaces sociaux : la xénophobie intra-africaine.Et face à cela, une question s’impose avec gravité : où est la voix de l’Union africaine ?
Une violence répétée, une mémoire ignorée
Les événements actuels s’inscrivent dans une continuité historique inquiétante :
•En 2008, des violences xénophobes ont causé la mort de plus de 60 personnes.
•En 2015, de nouvelles attaques ont visé des ressortissants africains, notamment originaires du Zimbabwe et du Mozambique.
•En 2019, des commerces tenus par des étrangers ont été pillés, déclenchant des tensions diplomatiques à l’échelle continentale.
Aujourd’hui, des mouvements comme Operation “Dudula” prolongent cette dynamique, sous couvert de lutte contre l’immigration illégale. Sur le terrain, la réalité est toute autre : intimidations, expulsions, violences ciblées contre des Africains noirs.
Une Constitution progressiste… trahie par les faits
Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, c’est le contraste brutal entre ces pratiques et le cadre juridique du pays.
La Constitution de Afrique du Sud est l’une des plus avancées au monde en matière de droits humains.
Elle ne protège pas seulement les citoyens. Elle protège toute personne.
Le droit aux soins : une garantie sans équivoque
L’article 27 est explicite :
« Toute personne a le droit d’avoir accès aux services de santé. »Plus encore :
« Nul ne peut être privé de soins médicaux d’urgence. »
Ces dispositions sont sans ambiguïté. Elles ne distinguent ni nationalité, ni statut migratoire. Refuser l’accès aux soins à un étranger constitue donc une violation directe de la Constitution.
Et pourtant, des témoignages concordants font état d’incursions dans des hôpitaux, où des groupes hostiles tentent d’empêcher des étrangers d’être soignés.
Dans certains cas, ces actions se déroulent sous le regard passif – ou la présence – des forces de sécurité.
Le droit à la sécurité et à la dignité : des principes bafoués
La Constitution va encore plus loin.Elle garantit :
•le droit à la sécurité de la personne
•la protection contre toute forme de violence
•le respect de la dignité humaine
Autrement dit, aucun individu ne devrait être :
•traqué dans les rues
•expulsé de son lieu de travail
•humilié en raison de son origine
Lorsque ces faits se produisent, ce n’est pas seulement une crise sociale. C’est une rupture avec les fondements mêmes de l’État de droit.
Le paradoxe historique sud-africain
L’Afrique du Sud d’aujourd’hui semble oublier l’Afrique d’hier.Durant la lutte contre l’apartheid, plusieurs pays africains ont ouvert leurs portes aux militants sud-africains :
•l’Angolala
•Zambiela
•Tanzanie
Ces nations ont offert refuge, formation et soutien à ceux qui combattaient pour la liberté.Des figures comme Nelson Mandela ont bénéficié de cette solidarité panafricaine.
Aujourd’hui, cette mémoire semble s’effacer face à une réalité plus sombre : celle du rejet de l’autre africain.
Une Afrique à deux vitesses
Le contraste est saisissant.Des citoyens sud-africains vivent et travaillent librement à travers le continent :
•dans les mines de la République démocratique du Congo
•dans les secteurs financiers du Nigeria
•dans des institutions publiques et privées dans plusieurs capitales africainesIls y sont intégrés, protégés, respectés.Mais cette ouverture n’est pas toujours réciproque.
Le silence de l’Union africaine : prudence ou abdication ?
Face à ces dérives répétées, l’absence de réaction forte de l’Union africaine interroge.Certes, l’organisation invoque souvent le principe de souveraineté des États. Mais ce principe peut-il justifier le silence face à des violations répétées de la dignité humaine?
En restant en retrait, l’Union africaine prend le risque de :
•fragiliser sa crédibilité
•affaiblir son rôle de garante des valeurs africaines
•laisser s’installer un précédent dangereux
Une responsabilité politique assumée… ou évitée ?
Le gouvernement sud-africain, dirigé par Le Président Cyril Ramaphosa, est aujourd’hui face à une responsabilité historique.
Les difficultés économiques du pays – chômage élevé, inégalités sociales – sont réelles. Mais elles ne peuvent justifier :
•la stigmatisation des étrangers
•la tolérance des violences
•l’inaction face à des mouvements radicauxL’absence de réponse ferme donne l’impression d’un État hésitant, voire dépassé.
Conclusion : une crise de conscience africaine
Ce qui se passe aujourd’hui en Afrique du Sud dépasse le cadre national.C’est une crise de conscience pour toute l’Afrique.Peut-on encore parler d’unité africaine lorsque des Africains sont pourchassés par d’autres Africains ?
Peut-on construire une intégration continentale sur des bases aussi fragiles ?
L’Afrique ne peut pas se permettre cette contradiction.Car au-delà des lois, des institutions et des discours, une vérité demeure : lorsqu’un Africain est humilié sur le sol africain,c’est toute l’Afrique qui est atteinte.
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